L’olivier est l’arbre le plus présent dans les jardins provençaux, et probablement le plus souvent mal taillé. Trop timide, la taille laisse l’arbre s’épaissir et le centre s’éteindre ; trop sévère, elle déclenche une forêt de gourmands qui repartent de plus belle. Elague Antho taille les oliviers d’ornement comme les oliviers de production à Marseille, Aix-en-Provence, autour de l’étang de Berre et dans le Vaucluse.
Quand tailler ? La question qui revient toujours
Dans notre région, la fenêtre se situe en sortie d’hiver : une fois le risque de forte gelée écarté et avant que la végétation ne démarre, soit grossièrement de la fin février à la mi-avril selon l’année et l’exposition de la parcelle. Tailler juste avant un coup de froid expose les plaies ; tailler en plein été, sur un arbre déjà en stress hydrique, l’affaiblit davantage.
Les formes de taille que nous pratiquons
- La taille en gobelet : la conduite traditionnelle, trois à quatre charpentières ouvertes, centre dégagé. Elle favorise la lumière, l’aération et la fructification.
- La taille de fructification : l’olivier produit sur le bois de l’année précédente. Il faut donc renouveler régulièrement les rameaux, sans quoi la récolte migre vers la périphérie et le cœur de l’arbre se vide.
- La taille en nuage : une conduite ornementale qui sculpte des plateaux de feuillage séparés. Très demandée, elle suppose un passage régulier pour tenir la forme.
- La taille de restructuration : pour un arbre laissé à l’abandon, envahi de gourmands ou déséquilibré. Elle s’étale sur deux à trois saisons pour ne pas épuiser l’arbre.
Ce qu’un olivier ne pardonne pas
Trois erreurs reviennent constamment dans les jardins que nous visitons. La première est l’étêtage : couper la tête de l’arbre pour le rabaisser provoque une repousse anarchique et fragilise durablement la charpente. La deuxième est la suppression systématique de tous les gourmands sans toucher au reste : l’arbre s’épaissit malgré tout. La troisième est la taille à la cisaille électrique comme une haie, qui sectionne les feuilles, brunit le feuillage et efface la structure de l’arbre.
Vieil olivier, olivier transplanté, olivier en pot
Les vieux oliviers de mas demandent une lecture particulière : bois mort à retirer, charpentières à conserver, équilibre à préserver. Les sujets transplantés récemment ont besoin d’une taille d’accompagnement les premières années, le temps que le système racinaire se reconstitue. Quant aux oliviers en bac, ils supportent mal l’excès de taille : on allège, on ne rabat pas.
Nous complétons la taille par le broyage et l’évacuation des rémanents, pour rendre le terrain propre le jour même.
Questions fréquentes sur la taille des oliviers
Quelle est la bonne période pour tailler un olivier ?
En Provence, la taille se pratique en sortie d’hiver, une fois le risque de fortes gelées écarté et avant le démarrage de la végétation, soit en général de la fin février à la mi-avril. On évite de tailler en pleine chaleur estivale et juste avant un épisode de gel.
Faut-il tailler un olivier tous les ans ?
Un olivier d’ornement se contente souvent d’une taille légère tous les deux ans. Un olivier conduit pour la production demande un passage annuel ou bisannuel, car il fructifie sur le bois de l’année précédente : sans renouvellement, la récolte se décale vers l’extérieur et le centre se dégarnit.
Qu’appelle-t-on taille en gobelet ?
C’est la conduite traditionnelle de l’olivier : trois à quatre charpentières ouvertes en coupe, un centre dégagé qui laisse passer la lumière et l’air. Cette forme limite les maladies et facilite la récolte.
Peut-on rattraper un olivier laissé à l’abandon ?
Oui, mais progressivement. Une taille de restructuration trop sévère en une seule fois épuise l’arbre et provoque une explosion de gourmands. Mieux vaut étaler la reprise sur deux ou trois saisons.